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La Yema Navygraf Heritage par Jean Buchser 

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En préambule de l’article de mon ami Jean, un des plus gros collectionneurs de Yema de tous les temps, je voulais vous apprendre pour ceux qui ne le savent pas encore et pour que vous compreniez certaines illustrations de l’article, qu’il a un alter-égo, une Mister Hide, appelé le marin ! Alors place au marin Jean !

Navygraf Heritage, la fidélité paie ! La Yema Navygraf apparaît dans un catalogue de 1976, animée par un mouvement automatique FE 4611. C’est une plongeuse, étanche à 200m.

Elle est l’œuvre de Jean Müller qui a dessiné les Yema de 1975 à 1982. On rappelle que la Superman existe au catalogue depuis la fin de 1968, et que de nouvelles variantes sont régulièrement proposées.

La Navygraf se situe donc en gamme entre les Superman, plongeuses iconiques étanches à 300m et dotées du célèbre bloque-lunette, et les plus modestes Sous-Marine le plus souvent étanches à 40m. Pourquoi une Navygraf ?

Probablement pour compléter la gamme, peut-être pour propose une plongeuse sans bloque-lunette…On ne saura probablement jamais avec certitude. Toujours est-il que dans les catalogues de 1978, elle n’est plus mise en avant… Est-elle encore produite ? Rien n’est moins sûr…

Il est vrai qu’entre temps, la Navygraf 2 est lancée, avec ses formes anguleuses, et étanche à 300m. La Navygraf dite « I » est donc assez rare… Son design est réussi, avec son cadran aux index « point d’exclamation » qui patinent en général en adoptant une jolie teinte coquille d’œuf.

Ses aiguilles jaunes vif assurent une lisibilité optimale. Son boîtier en acier, spécifique, anguleux, avec des protèges-couronnes efficaces est superbe. Je crois que ce qui a fait de cette montre un collector ces dernières années c’est ce cocktail réussi et surtout son fameux « smiling » « patent pending ».

On sait que cette écriture courbe, en forme de sourire, a fait le succès de certaines Tudor, les 7928 notamment, qui portent un « self winding » en smiley. L’engouement pour cette Navygraf 1 dont la cote atteint parfois celle des Superman vintage, justifie que la maison Yema, depuis sa véritable régénération, s’y soit intéressée.

La renaissance de la Navygraf va s’opérer en trois temps… En 2019, peu de temps après le lancement de la Superman Heritage, une Navygraf est présentée.

Plutôt réussie, avec ses fameuses aiguilles jaunes, ses index « points d’exclamation », et son smiling « patent pending ». Elle est animée par un Yema 2000. La lunette est moins fidèle à la lunette bakelite d’origine, mais l’ensemble est plaisant. Elle sera déclinée en deux versions, l’une aux aiguilles orange et aux index ronds, l’autre en bleu, index et aiguilles blanches avec le logo de la Marine Nationale.

La deuxième étape de la renaissance de la Navygraf c’est le lancement en 2022 de la Navygraf FSM bronze. Une superbe réussite esthétique pour célébrer les 50 ans de la FOST ( Force Océanique Stratégique). À la rentrée 2025, Yema entend les attentes des collectionneurs et propose une nouvelle version de la Navygraf, dite Heritage.

Les plus exigeants collectionneurs de Yema vintage ne seront pas déçus: cette nouvelle Navygraf est d’une fidélité remarquable à l’ancienne, à quelques détails près.

Proposée en deux variantes de couleurs (noir et bleu marine) avec des inserts de lunette assortis, cette édition introduit une complication date. Elle reste fidèle à l’esprit vintage grâce à son verre hésalite double dôme et à son insert en époxy.

On salue ce retour de l’hésalite que l’on espère trouver sur de futurs modèles de la marque. Matière plastique, elle se repolit facilement en cas de rayure, et présente moins de reflets qu’un saphir sans anti-reflet efficace. Le charme vintage opère indiscutablement, avec ce verre double dôme ! On retrouve bien sûr les fameuses aiguilles jaunes, et leur lume efficace, et les index « points d’exclamation ».

Le nom « Navygraf » est comme il se doit, dans une police écriture cursive penchée. On regrettera simplement la disparition du « patent pending » en sourire…mais on le comprend, puisqu’il n’y a pas de brevet en cours de délivrance pour ce modèle…Peut-être aurait-on pu écrire « automatique » en dessous de « 200 mètres » et lui donner la forme d’un sourire…mais on chipote !

La lunette est en epoxy ce qui lui donne un aspect très proche des lunettes en bakelite des 70ies. Une réussite ! Le boîtier en acier inoxydable 316L de 39 mm est nouveau ! Il se distingue par des proportions revisitées et de belles finitions alternant surfaces brossées et chanfreins polis. L’impression de qualité est tout à fait convaincante.

Très inspiré du boîtier original de la Navygraf d’origine, il a été affiné pour accueillir le calibre Sellita SW200. Il propose un grand confort au porté grâce à son corne-à-corne de 46 mm. Le fond de boîte vissé est orné du fameux blason YEMA frappé à la presse hydraulique et est désormais traité par différents procédés de microbillage pour un meilleur rendu tout en relief. La montre est animée par un mouvement suisse de chez Sellita. Il s’agit du fiable SW200-1, qui propose une réserve de marche de 38 heures. Il bat à 28.800 A/h et comporte 26 rubis. Sa réputation n’est plus à faire et il a été adopté par de nombreuses maisons horlogères.

Le Sellita SW200-1 est fabriqué par la société Sellita Watch Company SA, un fabricant basé à La Chaux-de-Fonds, en Suisse. La société a été fondée en 1950 et s’est depuis établie comme un fournisseur réputé de mouvements mécaniques pour l’industrie horlogère. Le SW200-1 a été introduit comme une alternative à l’ETA 2824-2, un autre mouvement suisse largement utilisé.

Lorsque ETA, une filiale du groupe Swatch, a restreint l’approvisionnement en mouvements à des marques tierces, Sellita a saisi l’opportunité de combler le vide sur le marché. Le SW200-1 a été conçu pour offrir des performances et une fiabilité similaires à l’ETA 2824-2, fournissant aux horlogers une option de mouvement suisse fiable et robuste.

La Navygraf est proposée en noir, conformément au modèle historique, ou en bleu, du plus joli effet. Elle est proposée à 990 euros sur bracelet acier (réussi, avec son extension de plongée et son fermoir sécurisé) et à 890 euros sur bracelet Rubber en TPU, façon Tropic, et très confortable.

Cette Navygraf est une absolue réussite… Elle démontre le savoir-faire de Yema et des choix esthétiques et techniques pertinents. Comme disait l’homme au café…What else ?

Liens vers la montre : https://yema.com/fr/products/yema-navygraf-heritage-ynav25-gm


Jean


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