Par Thibault BOITEUX
C’est parti mon kiki ! Cela fait plusieurs semaines, mois, années (années, c’est faux, quand même pas) que je pense à faire non pas des tests de montre, non pas des unboxings, mais plutôt des retours simples, courts, efficaces sur pourquoi j’ai franchi le pas sur telle montre à telle époque.
Et surtout, aujourd’hui, est-ce que je franchirais encore le pas ? Ferais-je le même choix ?
Je trouve qu’on évoque souvent nos achats récents, les nouveautés, les envies, mais qu’on oublie un peu vite cette montre pas si honteuse qu’on a dans un tiroir depuis 20 ans, qu’on ne porte pas si souvent, mais qu’on ne vendra pour rien au monde.
Je vais vous épargner l’analyse de ma toute première montre (encore que, qui peut se targuer à 35 ans d’avoir encore en état presque neuf la FlikFlak qu’on lui a offert en maternelle ?), la deuxième également (coucou petit chrono Swatch), et je passe directement à la troisième, la première « vraie » montre que j’avais personnellement choisie.
Alors de quoi parle-t-on ici ? D’une Tissot T-Touch première génération, cadran noir, bracelet acier. Exactement le modèle ci-dessous.

Contexte de l’achat :
Cadeau de bac de ma famille à l’été 2007 ! Achetée au Locle dans une petite bijouterie proche de l’ancienne poste, qui n’existe malheureusement plus de nos jours.
Je vous passe l’analyse marketing du combo gagnant FlikFlak => Swatch => Tissot. Ils sont forts le Swatch Group, quand même !
Pourquoi cette montre ?
Soyons francs une minute. Années 2000, boom technologique, les mouvements automatiques n’étaient pas autant revenus en grâce qu’actuellement, et Tissot sort cette bombe. Un truc de dingue, un verre tactile permettant de sélectionner l’une des six fonctions, dont certaines juste dingues pour l’époque dans une montre grand public : boussole, baromètre, altimètre.
J’ai 16 ans : comment tu veux ne pas craquer pour un truc pareil ? Un côté toolwatch marqué, une présence au poignet costaude sans être importable, tout métal ce qui était crucial pour mes goûts de l’époque, c’était un sans-faute.
Pour moi, c’était la transposition dans la vie adulte du gamin qui arrive en 6eme avec une Casio Calculette. Un truc que la plupart de tes potes n’ont jamais vu, un vrai effet waouh et surtout un plaisir fou à faire mumuse avec toutes les fonctions.
Pourquoi PAS cette montre :
Les défauts ? Pfff. Hallucinants, mais le néophyte que j’étais n’en avait rien à faire.
Une étanchéité de seulement 30 mètres, et pourtant dieu sait que je me suis baigné à de multiples reprises avec sans aucun souci.
Une pile à l’autonomie dérisoire et dont je changement ne pouvait se faire que chez Tissot pour une fortune ; pile que je n’ai jamais changée en neuf ans…
Une fiabilité catastrophique du verre et du mouvement, et… jamais eu aucune panne ni sur l’un ni sur l’autre.
Avec le recul, la réalisation du produit n’était pas à la hauteur. Beaucoup de clients ont eu des soucis, y compris sur le point clé de cette montre, son verre tactile. Une sombre histoire d’ions qui faisaient tout planter, en particulier si tu avais le malheur de la mettre dans de l’eau de mer.
Est-ce que je l’ai toujours ?
Oui et non. Une histoire assez marrante qui se passe en 2015, donc bien des années plus tard. Je craque sur un chrono Longines Heritage 1954, et en allant l’essayer, l’horloger remarque la T-Touch à mon poignet.
Echange lunaire, aucun préliminaire :
« Aie… ça va elle n’est pas trop partie en SAV la vôtre ?
- Euh, non pourquoi ?
- Tous tes celles qu’on a vendu sont retournées au SAV.
- Ah bon ?? Ben pas la mienne…
- Et vous avez changé la pile combien de fois ? A 150 euros tous les deux ans, beaucoup s’en sont débarrassés !
- ……….. c’est la pile d’origine…..
- Ah bon ! Alors je serais vous, je remplacerais la montre ! La T Touch a causé tellement de souci à Tissot qu’ils font un programme d’échange. Pour 200€ ils vous la reprennent et vous envoient le dernier modèle.
- Bon. Je vais y réfléchir »

Je n’ai pas réfléchi longtemps, et depuis 10 ans j’ai donc une T Touch II au poignet. A priori beaucoup plus fiable (mais n’ayant pas eu de souci avec la première, je ne peux juger), c’est surtout un produit plus abouti avec un verre tactile plus réactif, une étanchéité de 100 mètres et un rétroéclairage.

Et si c’était à refaire ?
Difficile à dire. Mes goûts ont changé en vingt ans, et ça reste une montre de son époque, rendue obsolète par les smartwatches. Avec le recul, je ne pense pas que je franchirais le pas. Mais elle est attachée à une période de ma vie, et ça reste une montre assez singulière.
Alors non, je ne la rachèterais pas. Mais je peux affirmer avec beaucoup plus de certitude que je ne m’en séparerai jamais !

Thibault


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