GROS CALIBRES, LE BLOG HORLOGER PAS TOUJOURS À L’HEURE.

La Yema Flygraf Navigator par Stéphane

Published by

on

Permettez moi de me présenter : je suis Stephane, pigiste sur groscalibres.com pour une spéciale Flygraf Navigator. 

Pourquoi je suis là ? Voyez-y deux raisons : 

Premièrement, Mike est à la bourre  pour rédiger cet article (c’est étonnant !).

Non, en fait il a plein de choses sur le feu et, inconscient qu’il est, il m’a demandé de le rédiger article. C’était bien groscalibres.com avant moi ! Mais pourquoi a-t-il fait ça ? Désolé Matthieu !

Deuxièmement, je suis comme lui, un fou furieux des Flygraf, enfin, il y a tout de même une différence : Mike est un spécialiste et, moi, plutôt un loup-garou qui bave devant ces belles mécaniques. J’aurai pu vous dire que ma passion des Flygraf vient du fait que, lorsque j’étais au collège, je voulais être pilote de chasse, mais hélas, les gènes de mes parents en ont décidés autrement…

Je suis pathologiquement accro aux vrombissements des moteurs des avions de la seconde guerre mondiale et à la vue des fuselages des Alphajet, Mirage ou autres Rafale. 

Le kérosène c’est la vie !

On m’a demandé d’être impartial ; ce à quoi je lui ai dit d’accord je serai objectif. Ce n’est pas beau de mentir. Bon allez, je vous promets d’essayer de laisser parler mon cerveau (faut juste que j’en loue un le temps de rédiger mon rapport chef) et non mon cœur. Vous me direz à la fin de l’exercice si j’ai réussi. 

Allez c’est parti !

On s’aligne sur la piste. On met les gaz. Décollage.

On passera en pilote automatique dans 77.50 nautique (142,60 km pour les terriens) pour faire un briefing sur la mission du jour : la Yema Flygraf Navigator YFLY22CH.

Comme vous le savez probablement , dans le début des années 1970 apparait la Flygraf, forme coussin, avec son chronographe 7736.

Montre que j’ai vu la première fois chez nos amis du groupe Facebook  « le Club Yema », lorsqu’un membre avait mis en vente la sienne. La trésorerie n’étant jamais au rendez vous au bon moment, à chaque fois qu’elle est apparue,  je  l’ai laissé passer avec nostalgie (1970 c’est mon année de naissance) en espérant qu’elle trouvera un poignet aimant qui sera en prendre soin.

Récemment, j’ai décidé que cette beauté ne sera pas mienne tout de suite car ça sera mon graal, ma dernière, celle à laquelle je pourrai toujours rêver qu’elle sera mienne.

Mais revenons à notre Navigator. Elle est la fille de la Flygraf Heritage de 2018 et la petite fille de la Flygraf de 1978 (ou 1979, si on en crois un entretien de William GERMAIN, directeur de marque chez Yema, dans Minute Montre de juin 2018). Mais revenons à nos moutons car cet article est consacré à la Flygraf Navigator et n’a pas pour but de faire un véritable historique des Flygraf.

Nous ferons néanmoins quelques petites allusions à l’Héritage.

Il est souvent difficile de connaitre les dates chez Yema, mais là, la marque a été sympathique en la mettant dans la référence : 

  • Flygraf Héritage YFLY2018 : pré commande juin 2018
  • Flygraf Navigator YLY22CH : pré commande décembre 2022

Maintenant, place au menu de cette review, nous allons traiter les points suivants :

  • boitier  / verre / étanchéité
  • cadran / lunette
  • aiguille / lume / index
  • bracelet / couronne / fonds de montre
  • Mouvement
  • boitier  / verre / étanchéité

Ici, pas de forme coussin, mais une forme ronde prolongée par ses quatre entre-cornes.

La Flygraf Navigator est dotée d’un boitier en acier inoxydable 316L de 40 mm et 13,9 mm d’épaisseur. Quant à l’entre-corne, elle est somme toute classique avec ses 20 mm.

D’accord, d’aucun avec leurs poignets de poulet diront qu’elle est trop grande.

A cela, je répondrai, tout simplement, qu’il ne faut pas oublier qu’elle embarque dans sa soute : 

  • un guichet jour et date, 
  • trois compteurs,
  • un rehaut,
  • une lunette avec de nombreuses indications,

Cela serait plus que compliqué à utiliser et à lire avec un diamètre plus petit. Surtout si, comme moi, vous n’avez pas une vue des plus irréprochable.

  • Verre : 

Elle possède un verre saphir légèrement bombé d’une épaisseur de 1,80 mm d’épaisseur contribuant à une meilleure lisibilité et laissant pleinement s’exprimer les détails de ce magnifique cadran bleu.

En outre, le coté biseauté tranche avec la lunette et sublime la beauté de cette dernière tout en lui conférant un look résolument vintage.

  • Étanchéité :

Elle n’est étanche qu’à 10 bar, ce qui convient pour la natation et le snorkeling. Cependant, bien que notre Flygraf soit étanche à cette profondeur, je ne m’y risquerait pas ; surtout qu’elle est dépourvue de couronne vissée. Ceci dit, ce n’est pas sa fonction principale. Pour rappel, la Flygraf n’est pas une Superman, l’autre modèle emblématique de la marque Yema.

C’est une montre de pilote confirmé (ou amateur) ou de simple amoureux de l’horlogerie et du monde aéronautique. Elle est destinée à voler, pas à nager.

Même pour la chasse  embarquée, quand la montre prend l’eau c’est mauvais signe. C’est soit que le navire sombre soit que vous avez tiré la poignée d’éjection. Dans les deux cas, que ce soit pour l’homme (la femme) ou le garde temps ce n’est pas une situation d’avenir.

Mais rassurer vous, vous pourrez vous laver les mains ou vous balader sous le ciel,  parfois larmoyant, de ma Normandie natale sans encombre.

  • Cadran / lunette

Ce qui le distingue parmi les autres modèles de chronographe et qui reprend l’historique de ses ancêtres, c’est, bien entendu, l’insert V (à moins que ce soit le haut du Y pour Yema) situé en bas de la montre englobant les 3 affichages en cercles situés entre 3 h et 9h.

Les informations en blanc ressortent vraiment bien sur ce magnifique cadran bleu qui fluctue selon l’éclairage. Il est à mon sens, plus lumineux que le fonds noir de son ancêtre, la flytraf Héritage.

Sur ce cadran, nous  distinguons, clairement, toujours, les mêmes 6 zones :

  • heure / minutes / index principaux dont nous parlerons après
  • les petites secondes à 9h
  • un sous compteur du chronographe servant à comptabiliser les 12 dernières heures dans les 6 heures
  • un sous compteur du chronographe servant à comptabiliser les 30 dernières minutes à 12 heures.  
  • Un rehaut bleu avec échelle logarithmique (indication en blanc) cerclant le tout

Toutefois, nous noterons la disparition de la mention « PATENT PENDING » sous le  dessin de l’avion.

  • Lunette :

Sur le plan esthétique, cette lunette contribue énormément à la beauté de ce garde temps.

Elle tranche véritablement avec le look de l’Héritage de 2018 (que j’aime également) avec sa lunette se rapprochant plus d’une plongeuse (dépourvue d’échelle et de règle de calcul) et renoue avec la lunette de mon graal : la Flygraf 7736 (pas de parti pris, on a dit) avec sa lunette bleu et grise dissociée.

On peut distinguer clairement 2 zones sur la lunette bi-directionnelle en aluminium :

  • le cerclage bleu situé à l’extérieur est affecté d’une échelle tachymétrique : bon j’avoue, n’ayant pas d’avion sous la main et ma femme m’ayant piquée ma voiture ce n’est pas facile de la tester en marchant.   
  • Le cerclage blanc (ou plutôt acier), situé à l’intérieur de la lunette comporte une règle de calcul.

Ah là, je l’ai testée pour les multiplications et les divisions simples. On ne sait jamais en cas de panne de batterie du téléphone ça peut servir. Pour ceux qui diront : tu n’as qu’à utiliser une calculatrice, c’est fait pour ça. Vous vous baladez vraiment, tous les jours, avec une calculatrice dans votre poche ?

A vous de jouer ! Amusez vous !

Concernant la lunette et le rehaut, certains diront qu’ils sont moins précis que sur la navitimer. Ils ont probablement raison, mais je ne peux juger je n’en ai pas en ma possession et je ne peux donc comparer pour vous dire si tel est vraiment le cas.

Cependant, garder à l’esprit que 90% des possesseurs de montre de ce type ne sont pas des pilotes comme 90% des passeurs de plongeuses n’iront jamais à 500 m.

  • Aiguilles / lume / index

Les aiguilles crèmes semblent survoler le cadran permettant d’oublier les autres informations (c’est encore plus lisible que sur la Yema Flygraf Héritage de 2018 avec ses aiguilles jaunes sur fonds noir). Et oui cette montre est une toolwatch mais elle n’oublie pas sa fonction première : indiquer l’heure.

Les aiguilles des heures et minutes sont en forme de bâton comme sur l’Heritage, mais cette fois si avec une forme de triangle à l’extrémité de chacune une pointe pour plus de précision. De son côté, la trotteuse est beaucoup plus fine et se termine par une flèche évidée en son centre (alors que simple bâton fin sur la YFLY2018). On peut même y voir l’aiguille du sous compteur des minutes.

C’est beau la nuit.  Regardez moi cette belle lume grâce au Super-luminova de grade A !

Rien de mieux qu’une photo pour s’en rendre compte.

Tout comme les aiguilles, les index principaux situés à  12 h,  1 h,  2  h, 4 h,  5 h,  7 h,  8 h, 10 h, et  11 h sont, eux aussi, en crème contribuent également à la  à une meilleure lisibilité de l’heure qui, sans cela, risquerait d’être perdue au milieu de toutes ces informations

Nous pouvons noter que les autres index, comme tout les éléments de ce cadran apportant les indications de précision sont quant à eux en blanc, à l’instar de celle de 2018.

  • Bracelet / couronne / fond de montre

Côté bracelet, elle est vendue soit avec :

  • un bracelet métal 
  • un bracelet cuir noir perforé.
  • Un bracelet FKM Viton doté d’une boucle déployante

Personnellement, je regrette qu’elle n’ait pas un bracelet cuir marron qui lui aurait conféré plus d’élégance (les goûts et les couleurs…).

Toutefois, son bracelet acier inoxydable 316L en finition brossé/poli comportant une boucle déployante double sécurité sur lequel figure le logo YEMA lui confère un look de guerrière robuste. Et, ce qui ne gâche rien, il est plutôt agréable au porté.

Enfin, le bracelet FKM Viton, bien que qualitatif, à ne pas en douter, n’a pour moi pas sa place ici.

Je le rappelle, ce n’est pas une plongeuse.

  • Couronne

La couronne arborant le logo de Yema est quant à elle située à 3h entre le bouton servant à lancer et mettre en pause le chronographe (situé à 2h) et le bouton servant à remettre à 0 le chronographe (situé à 4h). Elle a pour fonction le réglage de l’heure, de la date et le remontage du mouvement automatique quand celui n’a pas été porté pendant un certains laps de temps.

  • Fond de montre

La Flygraf Navigator a tout de même un fond vissé en acier 316L joliment décoré avec la gravure  à la presse hydraulique du blason historique de Yema.

Je sais, pourquoi décoré de fond du boitier ? Qui le regarde ? 

Chacun est libre de contempler les détails de sa montre même le dos. En tout cas, cela me plait.

  • Mouvement  

Que dire sur le mouvement ? 

Vous le connaissez déjà très bien puisqu’il s’agit du fameux mouvement pour chronographe créé en 1973  : il s’agit du ETA 7750 ou Valjoux 7750 ou ETA Valjoux 7750 (comme sur le site de Yema). Les trois appellations sont possibles dans la mesure où EBAUCHE SA a été intégrée par l’ASUAG qui a elle même fusionnée avec la SSH pour finalement devenir The Swatch Groupe en 1998. A l’achat ce petit bijoux se trouve au prix unitaire de 400€ (nul doute qu’une commande de masse permet de diminuer considérablement son prix) ce qui justifie pour partie le prix de vente de notre Navigator.

Ce petit coeur bat à 28 800 A/h et offre une réserve de marche de 48 heures. Même si c’est loin des 80 heures de certaines montre, il offre une autonomie suffisante vous permettant d’alterner avec une autre montre dans le courant de la semaine. Encore faut-il que votre poignet veuille s’en séparer.

Dernier avantage de ce mouvement : il est réparable quasiment partout dans le monde. Ce qui n’est pas négligeable.

Pour conclure, de façon objective, ce garde temps est d’un point de vu esthétique purement réussi et peut arborer le blason historique de Yema, Histoire dont elle est la digne héritière. J’espère que Yema fera une série limitée en Rose pour Mike et, une autre, en bleu et orange pour moi. Il faut rêver ! Je connais même des accros aux Superman qui en ont une ou, du moins, une de ses ancêtres. Après, on aime ou on n’aime pas. Heureusement que la diversité existe, c’est ce qui nous permets d’échanger…

Côté mécanique, vous ne pouvez être d’accord avec moi pour dire que son petit cœur a fait ses preuves et demeure l’un des plus fiable du marché.

Ah si, j’ai un reproche, il faudrait une version en 42mm pour que je puisse prendre encore plus de plaisir à admirer les détail.

Pour ceux qui auront aimé cet article et qui voudront passer à l’acte, vous pourrez la trouver à 1949 € (pour la version bracelet métal) et 1849€ (pour la version cuir) sur les sites de Yema, Ocarat, etc.

Voilà, j’en ai fini avec mes devoirs, je vous souhaite une excellente journée ou soirée selon l’heure à laquelle vous avez eu la gentillesse de me lire.

Si vous détestez cet article : rassurez vous je ne recommencerai pas !


Stéphane


Laisser un commentaire