Chers Gros Calibrés, Quel honneur d’être le second Corse à avoir les honneurs d’une contribution ici ! Ce qui est cocasse, c’est que malgré une collection fort honorable bâtie depuis le confinement de 2020, je vais vous présenter une montre qui ne m’appartient pas. En effet, cette BOHEN Grande Marine (à ne pas confondre avec la vieille Marine, nettement moins étanche), m’a été gracieusement prêtée par le Couz, un gars fan de chaussettes bariolées qui sévit sur de nombreux groupes horlogers dont Horlogerie Francophone et le Club officiel des Sympathiques Amateurs de Montres, le fameux COSAM au sein duquel je suis coadministrateur avec mes deux comparses du Sud-Ouest bien connus de ce blog… it’s a small world!
Very small même quand on sait que le premier Corse à avoir posé sa prose ici est un ami et que j’ai racheté la BND, objet de sa revue. Pour conclure cette trop longue introduction, je voudrais dire qu’il y a vraiment de belles personnes dans ce microcosme. Certains ouvrent leurs portes, d’autres prêtent leurs précieuses toquantes, deviennent des amis… Bref, fini le blabla et le pathos, et place à la Grande Marine avec une présentation articulée autour de 4 axes :
- Première impression ;
- Boitier et cadran ;
- Bracelet et boucle ;
- Mouvement.

LA PREMIERE IMPRESSION
Il est de coutume de dire que la première impression est souvent la bonne. Pour mieux vous transmettre mon ressenti, je vous propose une description sans tenir compte de la fiche technique. La fiche technique sera annexée à la fin de mon propos afin de vérifier la qualité de mon feeling horloger. J’ai reçu la belle dans sa petite housse de transport en cuir marron logotée BOHEN, un bel objet bien fini. Rapidement, j’ai extirpé la montre de son contenant.
Premier contact dans la paume de ma main : c’est lourd, c’est beau, c’est très travaillé. Cette montre se démarque clairement de mes autres plongeuses. Je suis habitué aux lignes fluides, aux gabarits contenus (YEMA Superman et Navygraf, BND, BALTIC Aquascaphe, SEIKO Baby Turtle, etc.), nous sommes clairement sur un autre registre. Un peu comme si quelqu’un n’aimait que les Jaguar et qu’on lui mettait une Corvette entre les mains.
Le design a été soigné avec des angles forts, des cassures sur le boîtier et sur le bracelet, des cornes massives, des alternances de traitement de l’acier : les détails sont beaux et bien faits. Bref, le sentiment de premium est indéniable. Le coup de crayon est audacieux, tout est bien aligné, la lunette sonne bien, la gravure du fond de boîte est nette et profonde.
En trois mots : coup de cœur.
L’œuvre d’un passionné pour les passionnés.

Comment ne pas succomber au charme de cette charismatique BOHEN GRANDE MARINE qui surplombe la « marina di gigi » au cœur de la cité impériale ?
LE BOITIER ET LE CADRAN
Le boîtier propose des lignes musclées et résolument modernes. Quand il est regardé de profil, on a l’impression d’un bloc avec un fond de boîte peu épais et la lunette, joliment crantée, posée sur ce bloc. Pour comparer, quand j’observe une Superman de profil, je distingue plusieurs étages : fond, carrure, une épaisseur sous la lunette, lunette, verre bombé.
Finalement la BOHEN, étanche à 600 mètres faut-il le rappeler, présente une épaisseur très contenue. Je dirais 12,5 mm, un tour de force pour une montre avec une telle résistance à l’eau. Difficile de lui donner un diamètre. L’angle au milieu des tranches et les cornes au style si caractéristique lui donnent un style massif. Toutefois, sur mon poignet de 17,5 cm quand j’ai pris du dessert, la montre se pose bien et rien ne dépasse du poignet. J’évalue ainsi le corne à corne à 48 mm (nous verrons plus tard si je me suis trompé) ; pour le diamètre, je pense que c’est du 42 ou 42,5mm. La couronne à gauche apporte du confort au porté mais m’a dérouté au début : j’ai mis la montre plusieurs fois à l’envers. La valve à hélium se situe sous la couronne, toujours à gauche. Un indispensable pour une plongeuse de grande profondeur, puisqu’elle permet à la montre de fonctionner de manière fiable et précise dans des utilisations extrêmes : faire la bombe à la pistoche municipale, chasser le barracuda ou bien aller voir le requin du Groenland. Le cadran dégradé, du gris au noir, soleillé et texturé, est juste superbe. Les index ainsi que la bille de la lunette sont bourrés de matière luminescente (et pas de liqueur de châtaigne). Dans l’obscurité, le cadran est illuminé totalement par la puissance du Super-LumiNova des index. J’ai réussi à éblouir un poulpe avec ça. Un cadran beau, lisible et bien équilibré (pas de date, less is more). La lunette est agréable à manipuler et bénéficie d’une préhension optimale. Les cliquetis sont d’une sonorité douce

Piazza Maria Teresa, le soleil de la fin d’après-midi. Le cadran d’un beau dégradé gris-noir est prolongé d’un réhaut où se trouve le chemin de fer. Les index rectangulaires sont doublé de chiffres arabes à 3-6-9 heures. La lunette en céramique se marie parfaitement avec le cadran. Le boitier si caractéristique, loin de la fadeur de certaines productions helvétiques, est très présent sans jamais déborder de mon poignet de ragondin.

Un profil de miss France et une valve à Hélium de taille réduite pour parfaitement s’intégrer dans une corne, le home staging appliqué à l’horlogerie.

Ma photographie est de mauvaise qualité mais laisse suggérer la puissance du lume
LE BRACELET ET LA BOUCLE
Autant le dire tout de go, le bracelet et la boucle sont top moumoute !
Le bracelet en acier présente une esthétique singulaire : une rangée de maillons polis entourées de deux rangées de maillons de maillons satinés avec un design tout en volumes : les endlinks doivent être en 21 ou en 22, puis le bracelet s’élargit à 26cm, puis se rétrécit fortement jusqu’à la boucle qui doit faire dans les 20mm de large. Un gros pouce levé pour les pompes flash qui permettent d’enlever le bracelet sans outils, et donc dans rayer les cornes, et de le remettre aisément. Ce système doit se démocratiser !
La boucle est une master class : finition soignée, réglage à la volée sans outils (comme le t-fit de ma Tudor mais en mieux) et extension de plongée. Sans aucun outil, la montre peut passer d’n poignet de 16cm à 20cm. Je dis bravo le veau … euh bravo BOHEN !
Le tout avec le confort d’une crème hydratante.

Le bracelet me fait penser à ceux qu’on trouve sur des montres vintages avec des maillons plus ou moins carrés, des volumes, du confort. La boucle est très belle et d’une efficacité rare.

Ajustement à la boucle : à l’aide des deux ergots, il est possible d’ajuster la taille du bracelet de plusieurs centimètres, en tirant sur le bracelet l’extension de plongée se déploie telle une raie manta.
LE MOUVEMENT
Le cadran porte l’indication « swiss made », je suppute donc que le calibre est d’origine suisse.
Un ETA ? Non BOHEN est une marque indépendante.
Un Sellita ? Trop commun
Un Miyota ? Pas suisse
Un La joux-Perret G100 ? Que nenni ! c’est un SOPROD qui est embarqué derrière le fond de boite en titane. La tolérance annoncée est top : -4/+4 secondes par jour. En sus, il est antimagnétique, ce qui permet de passer le portique de l’aéroport sans suer. What else George ? Il doit être beau mais il demeure protégé des eaux.

Le mouvement est caché derrière ce fonde boîte magnifique et peu épais, ce qui permet de contenir l’épaisseur et bien poser l’objet sur le poignet. La gravure est grave belle. Ce fond est en titane, eh oui !
CONCLUSION
Cette montre parait insubmersible, un produit pensé dans les moindres détails, qui en offre pour son argent.
Un outil qui peut être porté au quotidien.
Est-elle belle ? Tout est subjectif, le cadran est une réussite indéniable, le bracelet est très confortable, la boucle est soignée et permet de réglages parfaits sans outils. Même si ma préférence va aux gabarits plus contenus et aux lignes fluides, je dois bien l’admettre, le coup de cœur visuel est bien là.
Une chose est certaine, cette montre démontre qu’une plongeuse de référence est indispensable dans une collection. Assurément cette BOHEN est une montre de référence.
La BOHEN, La BOHEN, ça voulait dire qu’on plongeait très profond. Je vous parle d’un thon que les moins de 600 mètres ne peuvent pas connaître ….

Outil certes, mais c’est la classe Aldo ! je suis persuadé que le créateur (de cette montre) a des origines italiennes
FICHE TECHNIQUE
Boîtier et Design
- Matériau : Acier inoxydable 316L (norme aérospatiale).
- Finitions : Alternance de brossages profonds et de poli miroir (Black Polishing fait main).
- Fond de boîte : Vissé, en titane Grade 5 pour maximiser la légèreté et la résistance.
- Lunette : En céramique, rotative unidirectionnelle (60 clics).
- Couronne : Vissée et signée, disponible en configuration à droite (droitier) ou à gauche (gaucher / Destro) en option.
- Soupape de sécurité : Valve à hélium automatique miniaturisée intégrée.
Dimensions
- Diamètre de la lunette : 41 mm. Mon ressenti sur le boitier n’était pas mauvais
- Longueur (corne à corne / Lug-to-Lug) : 48 mm. Bien vu JC !
- Épaisseur : 12,8 mm (verre saphir inclus), ce qui en fait l’une des plongeuses 600m les plus plates du marché.
- Entrecorne : 22 mm.
- Largeur de la boucle : 16 mm (forte décroissance pour le confort au poignet). Je pensais plutôt 20mm…
Cadran et Affichage
- Cadran : Finition brossé soleil avec un dégradé allant du noir au gris (reflets anisotropes). Magnifico !
- Réhaut : Assorti au dégradé du cadran avec une minuterie précise.
- Index : Appliqués et chromés.
- Luminescence : Super-LumiNova X1 densifié sur les aiguilles et les repères (annoncé 50 % plus puissant et durable qu’un Super-LumiNova classique). Je confirme !
- Affichage : Épure totale « No Date » (Heures, Minutes, Secondes uniquement).
Verre
- Type : Verre saphir plat de 3,5 mm d’épaisseur pour encaisser la pression. Elle encaisse mieux la pression qu’un marin du bassin d’Arcachon, c’est dire !
- Traitement : Double couche antireflet appliquée sur la face interne uniquement.
Mouvement (Calibre)
- Origine : Suisse automatique, base Soprod (M100) modifié pour Bohen, 100 % des composants fabriqués dans le Jura.
- Réglage : Ajusté sur 5 positions avec une précision de +/- 4 secondes par jour.
- Fréquence : 28 800 alternances par heure (4 Hz).
- Réserve de marche : 42 heures.
- Spécifications techniques : 25 rubis, antichoc Incabloc, balancier Glucydur, certification Chronofiable A8®, propriétés antimagnétiques.
- Esthétique du mouvement : Traitement au rhodium, masse oscillante décorée en Côtes de Genève, ponts perlés.
Étanchéité
- Performance : 60 ATM / 600 mètres (2 000 ft), adaptée à la plongée de saturation.
Bracelets et Accessoires
- Système : Changement rapide et détachable sans outil.
- Bracelet principal : Acier inoxydable avec boucle à micro-ajustement et maillon d’extension de plongée.
- Bracelets inclus dans le set : Livrée avec 2 bracelets supplémentaires en silicone (un noir et un marron).
Pour retrouver la montre : https://www.bohen-watches.com/bohen-grande-marine
Jean-Christophe


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